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Lyrica Massilia. Regards lyriques et musicaux – Marseille & Provence

Photo © Mars en baroque

 

Dans le cadre du XXIVème festival Mars en Baroque, le concert du vendredi 6 mars, en l’Eglise Notre Dame du Mont, était consacré à Georg Friedrich Haendel et plus particulièrement à des extraits de trois de ses opéras. Aminta e Fillide (1705) aura été largement déployée, avec pas moins d’une ouverture, six airs et sept récitatifs.

 

En complément de ce bel hommage, nous avons entendu l’air « Un pensiero nemico di pace », d’Ariodante (1735), «Svegliatevi nel core » de Giulio Cesare In Egitto (1724) et « Scherzando sul tuo volto » de Rinaldo (1711). En entremets, nous eûmes droit à une passacaille et à la sonate n° 3.

 

Georg Friedrich Haendel est né en 1685 à Halle-sur-Saale  en Saxe. Il arriva à Rome en 1710 et passa également par Naples. Il eut le temps d’assimiler les finesses d’un opéra naissant (harmonie, basse continue, richesse vocale), avant d’aller finir sa longue vie en Angleterre où Henry Purcell étant mort en 1695, il devait dominer la scène musicale londonienne.

 

Portrait de Georg Friedrich Haendel par Balthasar Denner (1727)

 

L’ensemble Orfeo Futuro a été fondé en 2010 et est basé à Bari, dans les Pouilles. La formation est à géométrie variable et c’est un septuor que nous avons pu entendre, avec Angelica Disanto, soprano, Nicolò Balducci, contreténor, Giovanni Rota, premier violon, Valerio Latartara, second violon, Gioacchino de Padova, basse de viole, Sivia de Rosso, violone, Gabriele Natilla, théorbe, Michele Visaggi, dirigeant ce petit ensemble de son clavecin. Ces musiciens sont parfaits de sonorité et de précision, sous une apparente simplicité. Le grand art.

Quant aux chanteurs, le haute-contre Nicolò Balducci possède une voix étonnante de puissance et d’agilité et s’entend à Merveille avec une soprano de haute volée, Angelica Disanto. Les deux complices ont maintenu tout au long du concert une tension, avec ce répertoire des premiers temps d’existence d’un style flamboyant et d’une virtuosité dont se souviendra Rossini, un siècle plus tard. Le public les a acclamés. Avant de reprendre un air de Ronaldo, les musiciens ont donné en bis ce que Nicolò Balducci a présenté à juste titre comme l’un des plus beaux duos d’amour du répertoire baroque « Io t’abbrachio » de Rodelinda, ouvrage créé à Londres en 1725, ce qui a provoqué un nouveau triomphe.

 

Après audition et réflexion, on se dit que c’est en fait cela l’objectif du festival : nous prouver que l’Europe existe envers et contre tout et qu’elle passe par la culture. Nul besoin ici d’un long développement, cela fait grand bien que d’entendre à Marseille le meilleur de l’Italie. Jean-Marc Aymes et Romain Bocker sont capables de mobiliser autour de leur ensemble Concerto Soave ce que le milieu baroqueux comporte de plus brillant, des pays baltes (Canto fiorito, Vilnius, Lituanie) au sud de la péninsule (Orfeo futuro), en passant par Strasbourg (La chapelle rhénane). Les salles se remplissent. Qu’il pleuve ou qu’il vente, la mémoire des glorieux ancêtres est active dans cette ville qui, au long de son histoire, accueillit tant d’Italiens.

 

 

Published by Jean-Pierre Bacot - Mars en Baroque

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Critiques, portraits et récits de scène. Un regard indépendant sur l’art lyrique et musical à Marseille et en Provence.

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