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Lyrica Massilia. Regards lyriques et musicaux – Marseille & Provence

 

Pour sa quarantième bougie, Marseille Concerts a offert, ce lundi 17 février 2026, un concert d’anthologie au théâtre de la Criée avec la venue d’Alexandre Kantorow. Ce jeune et talentueux pianiste français s’était imposé dans le paysage musical international après avoir obtenu en 2019 le premier prix et la médaille d’or au Concours Tchaïkovski de Moscou. Ce soir-là, il offrit en primeur à son auditoire marseillais son dernier programme placé sous le signe du romantisme.

 

Dès son entrée en scène, le prodige, après avoir pris place, débuta la première partie de la soirée en interprétant la transcription par Franz Liszt des variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » de Johann Sebastian Bach (les pleurs, les lamentations, les tourments et le découragement). Cette œuvre achevée en 1862, écrite par Liszt  à la mort de ses deux enfants Daniel et Blandine, nés de son union avec Marie d’Agout, permit au pianiste de montrer d’emblée l’étendue de son talent. Passant de la peur au désespoir, allant de la douceur à la douleur, il sut retranscrire avec brio grâce à des progressions harmoniques marquées ces instants douloureux, suscitant une émotion intense palpable chez les spectateurs.

 

Pour clore cette première partie, place fut laissée à l’opus n°5, première sonate composée par le russe Nikolaï Medtner. Là aussi, notre pianiste hors pair réussit à déjouer les pièges de cette partition à la fois exigeante et redoutable sur le plan technique : il laissa le public pantois en sublimant la polyphonie de l’œuvre avec une fluidité et une dextérité exceptionnelle.

 

Après l’entracte, place à la deuxième partie. Elle démarra avec le Prélude opus 45 de Frédéric Chopin, interprété avec une telle douceur que la salle vécut comme un moment suspendu dans le temps. Puis vinrent « la chanson de la folle au bord de mer » de Charles Valentin Alkan et « Vers la flamme » d’Alexandre Scriabine. Si l’interprétation de la première œuvre, plus intimiste, oscilla entre folie et crise existentielle, l’exécution de la deuxième entraîna graduellement le public troublé vers un état d’intense exaltation

 

Avec la sonate n°32 opus n°111, dernière sonate pour piano composée par Beethoven, ce fut l’apothéose. Cette œuvre avait reçu en son temps un accueil mitigé. Alexandre Kantorow lui offrit un nouvel élan très personnel. Le premier mouvement puissamment rythmé fut en total contraste avec le second, l’Arietta, plus doux, plus intime. L’interprète offrit ainsi au public après le déchaînement du premier mouvement un contraste saisissant avec un nouvel instant hors du temps.

 

Dès la fin de sa prestation, les auditeurs ne purent qu’applaudir avec enthousiasme l’interprétation musicale et la haute technicité de cet extraordinaire musicien. Comme ils ne cessaient d’en redemander, ce dernier leur offrit pour les remercier un morceau de Franz Liszt. Un grand merci à ce pianiste aguerri pour ces instants surprenants qu’il nous a fait vivre. Nous ne pouvons que vous inviter à aller le voir et l’écouter pour vivre à votre tour un ascenseur émotionnel.

 

 

 

 

 

 

 

Published by Hélène Rossi - Marseille Concerts

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Critiques, portraits et récits de scène. Un regard indépendant sur l’art lyrique et musical à Marseille et en Provence.

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