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Photo@ La Grande Musique
Pauline Courtin n’était pas venue à Marseille où elle a commencé ses études musicales, depuis 2014, année où elle avait chanté dans le très oublié Colomba de Jean-Claude Petit. Auparavant, elle avait interprété le rôle d’Eurydice dans l’Orphée aux enfers de Jacques Offenbach. Pour ses retrouvailles avec la cité phocéenne dans l’ambiance intime des récitals du samedi à midi, elle avait choisi ce 31 janvier, un programme en deux parties, autour du chant français de la deuxième moitié du XIXème siècle : des mélodies, puis des extraits d’opéra, le tout accompagné au piano par Anaït Serekian.
Nous avons tout d’abord entendu Le papillon et la fleur, écrit par Gabriel Fauré, puis les Adieux de l’hôtesse arabe, deux poèmes de Victor Hugo mis en musique pour le second par Georges Bizet. Suivirent la Chanson du fou du même compositeur et Dieu qui sourit et qui donne d’Edouard Lalo.
En deuxième partie, Pauline Courtin nous a étonnés dans l’air du chef-d’œuvre que constitue les Pêcheurs de perles de Bizet : « Comme autrefois, dans la nuit sombre ». Autre performance : « l’air des bijoux » que chante Marguerite dans le Faust de Gounod, parfois surnommé depuis Hergé « Air de la Castafiore », que Pauline Courtin a magistralement enlevé.
Quant à l’air de La Juive, opéra hélas oublié de Jacques Fromental Halévy, l’air « Assez longtemps, la crainte et la tristesse » est redoutable et il aura manqué à la chanteuse quelques commas dans un suraigu final chanté fortissimo. C’est l’opérette qui termina magistralement le spectacle avec un extrait des Cent vierges de Charles Lecoq : « Je soupire et maudis le destin ».
Cette chanteuse est aussi une excellente comédienne, dotée d’un phrasé d’exception. Vocalement, c’est une soprano sûre de sa technique qui n’a pas peur de la colorature et des difficultés écrites par les compositeurs pour les grandes voix de leur époque. Elle incarne ses personnages, maîtrise sa gestuelle et projette des sons sans vibrato, très respectueux des partitions illustratives de la grande tradition lyrique française. Elle se produit dans des spectacles où se mêlent musique et littérature, ce qui explique l’aspect discrètement, mais efficacement, pédagogique qu’elle a donné samedi à son récital dans l’intimité du Foyer Reyer.
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Photo@ Les Nuits pianistiques
La pianiste Anaït Serekian nous a délicatement interprété deux pièces de la compositrice Mel Bonis (1856-1937) Epilogue et Gai printemps. Belle initiative que de sortir cette musicienne de l’oubli. Un catalogue impressionnant (plus de 300 opus), des œuvres pour piano, orgue, orchestre, musique de chambre ou voix. Il reste beaucoup à découvrir de cette compositrice dont le travail artistique fut contrarié par une pression familiale intense.
Anaït Serekian participe avec Pauline Courtin à ses activités culturelles. Elle a d’autre part monté avec sa sœur un duo de piano à la demande de la veuve de Darius Milhaud pour illustrer les œuvres de ce compositeur.
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Photo @ Femmes Compositrices
Après de longues et chaleureuses acclamations, la chanteuse et la pianiste nous ont donné en bis l’air célébrissime « Ah que j’aime les militaires » de La Grande Duchesse de Gerolstein de Jacques Offenbach, opérette que nous entendrons en mai à l’Odéon, concluant joyeusement ce moment de bonheur lyrique. Le rôle-titre sera tenu par ma mezzo Eugénie Joneau qui succédera à Pauline Courtin au concert du samedi midi, accompagnée par le pianiste Antoine Polloc. Ce sera le 14 mars.
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