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Lyrica Massilia. Regards lyriques et musicaux – Marseille & Provence

 

(…) Une des représentations de la saison, celle du 18 mars 1826, fut particulièrement tumultueuse. On y donnait une comédie où jouait notamment un nommé Miller et le Barbier de Séville. Miller qui avait été outrageusement sifflé par le parterre, reçut tout à coup une couronne de foin à laquelle était attachée une mâchoire d’âne. Miller, nullement démonté par cet envoi, s’avançant alors vers la rampe et s’adressant au public : ‘ Je remercie, dit-il, les Marseillais des bontés qu’ils m’ont toujours témoignées et particulièrement celui qui, ce soir, s’est privé de nourriture à mon intention’.

 

Ceci dit, Miller salua et rentra dans les coulisses pour prendre aussitôt la fuite car, dans la salle, un effroyable tumulte s’était levé. Le tapage fut tel que l’on dut faire évacuer la salle et que la représentation du Barbier de Séville ne put avoir lieu (…) ». Autres temps, autres mœurs.

 

Extrait de Victor Combarnous, Notes et souvenirs. Histoire du Grand Théâtre de Marseille 31 octobre 1787- 13 novembre 1919. (1927, reprint Lafitte 1980), p 52.

 

Notons que la mâchoire d’âne qui servit jadis d’arme de poing est aussi un instrument de musique traditionnelle au Pérou.

 

Quant au chef d’œuvre de Rossini, il avait été créé à Marseille au Grand Théâtre en 1823, avec là aussi des incidents, le Comte Almaviva était déguisé en officier, à l’époque où les troupes françaises étaient intervenues en Espagne pour rétablir l’absolutisme. Les libéraux présents dans la salle se mirent à entonner : « Marlborough s’en va–en-guerre ». Savaient-ils que cette chanson fut connue à partir de 1781, Beaumarchais l'ayant intégrée comme chanson du page dans sa pièce Le Mariage de Figaro.  D’où est titré le Barbier. Cette pièce, après avoir été jouée à Versailles pour le futur empereur Paul Ier de Russie, avait été interdite sur ordre de Louis XVI. Pour alerter le public, l'auteur introduisit cette chanson, qui fut bientôt sur toutes les lèvres

 

Toujours est-il que le Maire, le marquis de Montgrand, présent dans la salle la fit évacuer. On ne sait si le compositeur fut mis au courant du fait qu’à Marseille l’art lyrique était alors un sport de combat.

 

 

 

Published by Jean-Pierre Bacot - Opéra de Marseille

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Critiques, portraits et récits de scène. Un regard indépendant sur l’art lyrique et musical à Marseille et en Provence.

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🎵 Lyrica Massilia ouvre ici une nouvelle fenêtre, pour le simple plaisir de faire découvrir — au-delà de l’actualité régionale — d’autres voix, d’autres élans, ceux de la musique et du chant.

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