Il est difficile de rendre compte de cette fin d’après-midi d’exception où le clarinettiste Pierre Génisson et le pianiste David Kadouch nous ont plongés grâce à un programme éclectique, mais savamment composé dans une parenthèse hors du temps.
Avec la Fantasiestücke op.73, nous voici transportés dans l’univers de Robert Schumann. Dans le premier mouvement, le pianiste, s’effaçant devant le clarinettiste, l’a soutenu avec humilité, lui permettant de déployer une gestuelle souple et sensuelle tout en faisant corps avec son instrument. On a été happé par un Génisson omniprésent passant de la mélancolie rêveuse, puis nous régalant de somptueux arpèges avant de revenir à la douceur initiale et d’établir une transition énergique avec le second mouvement. Les deux protagonistes ont alors partagé la scène, échangeant des regards complices, semblant puiser l’un dans l’autre un supplément de fougue dans l’exécution du morceau ajoutant ainsi à l’expression créatrice de l’auteur, l’imagination illimitée chère aux romantiques.
Dans un second temps, la sonate op.120 de Brahms nous a plongés avec ravissement dans une des dernières œuvres de musique de chambre du compositeur, créée devant Clara Schumann. Les deux musiciens ont su allier au classicisme de la forme un savant dialogue entre leurs instruments, instaurant tout d’abord la tendresse et la douceur du premier mouvement jouées avec la même chaleur par les deux hommes. Le piano a ensuite répondu à la montée en puissance de la clarinette et à ses attaques précises. David Kadouch, à la gestuelle jusque-là assez sobre, s’est alors transfiguré, se livrant corps et âme à son interprétation, rejoignant par là Pierre Génisson, tous deux enlevant un final en parfaite symbiose.
Les spectateurs conquis, n’avaient qu’une hâte : retrouver, après l’entracte, le duo dans un répertoire a priori différent de ce répertoire romantique allemand. Ils n’ont pas été déçus !
Tout d’abord, place à Saint-Saëns et à sa sonate op.167. Comme Brahms précédemment, le français est au crépuscule de sa vie lorsqu’il la compose pour « procurer aux instruments peu favorisés les moyens de se faire entendre ». Et on l’a entendue, cette vibrante clarinette entraînant un piano retentissant dans un allegro et un allegretto animato enlevé, joyeux, volubiles, interrompus par un lento lourd et mélancolique plongeant les spectateurs dans une sorte de torpeur dont les ont soudainement et malicieusement tirés un Génisson et un Kadouch survoltés dans leur interprétation du dernier mouvement plus rythmé, plus envolé, plus aigu.
Ces spectateurs n’étaient pas au bout de leur ébahissement avec Francis Poulenc et son goût marqué pour la clarinette, comme Schumann. Là aussi une des dernières œuvres du compositeur !
Il est difficile de rendre compte de cette fin d’après-midi d’exception où le clarinettiste Pierre Génisson et le pianiste David Kadouch nous ont plongés grâce à un programme éclectique ; mais savamment composé dans une parenthèse hors du temps.
Avec la Fantasiestücke op.73, nous voici transportés dans l’univers de Robert Schumann. Dans le premier mouvement, le pianiste, s’effaçant devant le clarinettiste, l’a soutenu avec humilité, lui permettant de déployer une gestuelle souple et sensuelle tout en faisant corps avec son instrument. On a été happé par un Génisson omniprésent passant de la mélancolie rêveuse, puis nous régalant de somptueux arpèges avant de revenir à la douceur initiale et d’établir une transition énergique avec le second mouvement. Les deux protagonistes ont alors partagé la scène, échangeant des regards complices, semblant puiser l’un dans l’autre un supplément de fougue dans l’exécution du morceau ajoutant ainsi à l’expression créatrice de l’auteur, l’imagination illimitée chère aux romantiques.
Dans un second temps, la sonate op.120 de Brahms nous a plongés avec ravissement dans une des dernières œuvres de musique de chambre du compositeur, créée devant Clara Schumann. Les deux musiciens ont su allier au classicisme de la forme un savant dialogue entre leurs instruments, instaurant tout d’abord la tendresse et la douceur du premier mouvement jouées avec la même chaleur par les deux hommes. Le piano a ensuite répondu à la montée en puissance de la clarinette et à ses attaques précises. David Kadouch, à la gestuelle jusque-là assez sobre, s’est alors transfiguré, se livrant corps et âme à son interprétation, rejoignant par là Pierre Génisson, tous deux enlevant un final en parfaite symbiose.
Les spectateurs conquis, n’avaient qu’une hâte : retrouver, après l’entracte, le duo dans un répertoire a priori différent de ce répertoire romantique allemand. Ils n’ont pas été déçus !
Tout d’abord, place à Saint-Saëns et à sa sonate op.167. Comme Brahms précédemment, le français est au crépuscule de sa vie lorsqu’il la compose pour « procurer aux instruments peu favorisés les moyens de se faire entendre ». Et on l’a entendue, cette vibrante clarinette entraînant un piano retentissant dans un allegro et un allegretto animato enlevé, joyeux, volubiles, interrompus par un lento lourd et mélancolique plongeant les spectateurs dans une sorte de torpeur dont les ont soudainement et malicieusement tirés un Génisson et un Kadouch survoltés dans leur interprétation du dernier mouvement plus rythmé, plus envolé, plus aigu.
Ces spectateurs n’étaient pas au bout de leur ébahissement avec Francis Poulenc et son goût marqué pour la clarinette, comme Schumann. Là aussi une des dernières œuvres du compositeur ! Mais également comme un rappel des moments précédents.
Là aussi, dans l’Allegro tristamente, poétique et mélancolique, les traits de clarinette ont été sobrement soutenus par les accords du piano, comme la Romanza, où les deux interprètes ont mené à part égale, un mouvement doux et mélancolique. Là aussi, un allegro percutant, éblouissant maîtrisé avec fougue par un duo exalté. Ce fut un véritable résumé des moments magiques précédents.
Après plusieurs rappels, le duo a clos le récital en interprétant une berceuse mettant en lumière une compositrice peu connue : Ilse Weber, morte en déportation à Auschwitz. Un moment d’émotion sur fond de musique limpide, soulignant la volonté de David Kadouch de mettre à l’honneur le répertoire des compositrices.
En ce début de saison, Marseille Concert a frappé un grand coup en invitant ce duo hors norme. Nous ne pouvons que l’en remercier chaleureusement, dans l’attente d’autres moments exceptionnels que nous laisse entrevoir son programme.
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