Nous ne nous attarderons pas sur l’interprétation tout en nuances des morceaux les plus connus de Carmen de Georges Bizet. Passages entraînants et moments plus intimistes se sont succédés avec en point d’orgue le célèbre air du Toréador où les instruments ont vibré à l’unisson, favorisant l’adhésion du public.
Intéressons-nous plutôt à une œuvre moins connue : Aires tropicales de Paquito D’Rivera. Créée pour un quintette à vent, elle a surpris par l’originalité des instruments : flûte traversière en sol, piccolo, clarinettes en si bémol et mi bémol. Basson et cor ont émergé puis se sont effacés permettant de sublimer clarinette, flûte et hautbois qui se répondaient l’un à l’autre, affichant une parfaite connivence. L’interprétation sombre de Dyzziness, bel hommage à Dizzy Gillespie, a tranché très nettement sur les autres morceaux bien plus enlevés de cette œuvre aux accents cubains.
Le récital a pris fin avec Suite Belle-Epoque in Sud-Amerika de Julio Medaglia où la musique populaire brésilienne a dominé. Le rythme rapide et la tonalité joyeuse du chorinho Requinta Maluca (élégance folle) a mis un terme à un moment particulièrement dansant qui donnait l’avant-goût du rappel : un tico tico endiablé.
Ce septième concert de musique de chambre de la saison au sein du foyer Reyer de l’Opéra de Marseille a donné un aperçu de l’étendue de la palette musicale des cinq interprètes, même si on aurait souhaité un programme plus solide.
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