En ce vendredi 22 novembre, jour judicieusement choisi de la Sainte Cécile, réputée Sainte patronne de la musique et des musiciens depuis le XVIème siècle, a résonné en l'Abbaye Saint-Victor l'un des Requiem les plus joués et populaires, celui de Gabriel Fauré dont la composition s’est étendue de 1888 à 1901. Il était interprété par l'ensemble Gyptis, dirigé par Bénédicte Pereira. Le chœur Gyptis à quatre voix dont deux solistes, Catherine Padaut soprano et Aaron Ambeau baryton, était accompagné d'un ensemble instrumental constitué pour l'occasion d'artistes de l'Opéra de Marseille ou d'autres formations de la région.
L'occasion a permis d'honorer le centenaire de la disparition de ce grand compositeur que fut Gabriel Fauré, né en 1845, pianiste, organiste et directeur du conservatoire de Paris. La version présentée était celle de 1893, avec l'apport de cuivres. En ouverture de ce concert hommage, nous avons pu entendre la messe à trois voix de Théodore Dubois (1837-1924), disparu lui aussi il y a cent ans, par un ensemble de solistes de grand talent.
L'originalité de ce programme résidait également dans la présentation de la création moderne du Libera Me de Florent Gauthier, né en 1969, qui était présent pour cette exceptionnelle soirée. L’œuvre, commandée par l'ensemble Gyptis, a été mise en miroir avec les sept mouvements mélancoliques du Requiem de Fauré qui offrent une vision apaisée et intimiste de la mort, d'où se dégage une réelle confiance dans ce qui est conçu par le christianisme comme un repos éternel, contrairement aux Requiem plus opératiques de Berlioz, Verdi ou Cherubini. Le Libera me de Gauthier, très méditatif, était renforcé par la présence du soliste au violoncelle Jean-Florent Gabriel, habitué de l’interprétation de pièces contemporaines, qui renforçait l'évocation des pleureuses présentes lors de funérailles.
Une réussite indéniable pour ce concert avec un public venu en nombre et chaleureux !
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