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Certes, toute comparaison n’est pas raison, mais entre entités de même importance, cela devient une affaire légitime. Classées respectivement deuxième agglomération et deuxième ville de France, la Capitale des Gaules et la Cité phocéenne sont, à peu de choses près, de même importance démographique, même si la structure des regroupements de communes est historiquement différente. Certes, sociologiquement parlant, Marseille est moins riche que Lyon et la nature des publics peut s’en ressentir. Mais tout cela relèverait d’une étude pour laquelle nous manquons d’éléments. Notons cependant que Lyon dispose d’un auditorium Maurice Ravel, inauguré en 1975, qui sert surtout à l’un des deux orchestres et dont l’équivalent manque cruellement à Marseille.
Du point de vue de l’art lyrique, la cité des gones a connu un regain de notoriété dans ces années 1970-80 où la culture était encore à l’honneur, avec la direction éclairée et inventive de Louis Erlo (qui aura 95 ans cette année 2024), venu de Paris, avant que ce grand homme d’opéra aille œuvrer avec le festival d’Aix en Provence. L’Opéra de Lyon a aussi pu bénéficier depuis 1983 de son propre orchestre.
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Quant à la cité des minots, les lectrices et lecteurs de ce blog savent le rôle que Maurice Xiberras a joué comme directeur artistique depuis 2008, puis comme directeur général, parallèlement à une montée en puissance de l’orchestre symphonique, sous la baguette de Lawrence Foster. Auparavant, quoi que certains en disent par politesse, le niveau des productions et, plus encore, de la palette symphonique, étaient moindres, loin de l’actuelle qualité internationale et de ce que Lyon avait réussi à installer depuis un quart de siècle.
En 2023 Le budget de l’opéra de Lyon se montait à environ 36 millions d’euros, celui de son équivalent marseillais à 20 millions, presque entièrement à la charge de la Mairie de Bruno Payan. Il est vrai que l’établissement lyonnais possède un statut national et le marseillais, exception à ce niveau d’importance, une structure municipale. Sur les 36 millions, la ville de Lyon en met 7,2 sur la table, la métropole 3 et la région 2,5. Avec 2 millions de recette propres, il reste quelque 21 millions. Il semble que l’Etat en n’en ait offert que 18, l’Opéra ayant été obligé du coup de baisser la voilure, comme nombre d’opéras en Europe.
Il n’en reste pas moins que l’opéra de Lyon est presque deux fois plus riche que le Marseillais et que le programme proposé n’en est pas pour autant deux fois plus rempli, si l’on sait par ailleurs qu’une saison complète d’opérette est proposée à l’Odéon, sur la Canebière. C’est ce que nous allons regarder pour la saison à venir 2024-2025, non sans avoir noté qu’il semble bien que les spectacles autres que lyriques, à savoir symphoniques ou de musique de chambre sont tout à fait comparables, de même que les actions envers divers publics.
Neuf opéras, et un requiem, dont trois œuvres contemporaines sont annoncés à Lyon. Pour ces trois opéras : 7 minutes de Giorgio Battistelli, Le sang du glacier de Claire-Mélanie Sinnhuber et L’avenir nous le dira de Diana Soh, ouvrage hybride machine-homme, les extraits qui sont disponibles en ligne ne nous sont pas apparus très encourageants. A celles et ceux qui penseraient que nous n’avons aucun goût pour le registre contemporain, nous répéterons que les compositeurs et compositrices contemporain-e-s audibles sont légion et qu’il suffit pour s’en convaincre de faire appel à elles et à eux.
Richard Brunel, venu de la comédie de Valence et en place à Lyon depuis 2021 a programmé André Chenier de Giordano, Wozzeck de Berg, le Requiem de Fauré, Il Turco in Italia de Rossini, Madame Butterfly de Puccini, La Force du destin, de Verdi, Peter Grimes de Britten, Cosi fan tutte de Mozart. Cela fait sept opéras, un requiem et trois œuvres contemporaines.
A Marseille, on a programmé Norma de Bellini, Madame Butterfly de Puccini, le requiem de Verdi, Rusalka de Dvořák, Sigurd de Reyer, Il Trovatore de Verdi, soit cinq opéras, un requiem et une saison d’opérette avec, la Belle de Cadix de Francis Lopez, le Grand Mogol d’Edmond Audran, la Belle Hélène d’Offenbach, la Petite sirène de Régis Campo, Au pays du soleil de Vincent Scotto et la Mélodie du Bonheur de Richard Rodgers, comédie musicale).
Conclusion très provisoire et tout chauvinisme mis de côté, cour ou jardin, Marseille n’a pas à rougir de ce qu’elle produit avec un budget certes conséquent, mais sans commune mesure avec celui de Lyon et même celui de l’Opéra du Rhin (Strasbourg, Mulhouse, Colmar) qui avec ses quelque 23 millions d’euros pour moins de 500.000 habitants de budget a dû faire maigrir sa programmation.
Dans un article paru sur le site Olyrix le 8 mars 2023, Daniel Dutilleul parle du « Secteur de l’opéra (qui) plonge dans un nouveau marasme économique». Avec Charles Arden, il publie le juillet un autre article : « la saison fantôme des opéras pour la saison 2023/2024 ». Pas un mot de Marseille dans les deux textes.
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