C’est un joli programme que nous a offert dimanche soir l’Orchestre philharmonique de l’Opéra de Marseille, sous la direction d’un chef invité, Giuseppe Mengoli, qui vient de remporter le concours Mahler de Bamberg. Le concert a commencé par Une nuit sur le mont chauve de Modeste Moussorgski, dans l’orchestration de Nicolaï Rimsky Korsakov (1886).
Suivirent les Lieder pour baryton de Franz Schubert, dans les orchestrations de plusieurs compositeurs, avec Markus Werba que nous découvrions à Marseille. Pour terminer, ce fut le tour de la deuxième symphonie en ré majeur de Jean Sibelius (1902).
Si l’orchestre de Marseille est aussi performant, comme il l’a ici encore démontré le samedi 30 mars au soir, c’est qu’il a acquis sa dextérité et sa qualité sonore avec une série de chefs d’orchestre de haute volée. Giuseppe Mengoli, violoniste de talent est aussi, à la baguette, un véritable danseur au geste précis. Il aura réussi à donner, à partir d’une partition de Moussorgski, parfois considérée comme illustrative et rebattue, une lecture analytique qui a permis de détailler une écriture que Rimsky Korsakov améliora jadis et qui a donné sous la direction de Giuseppe Mengoli un résultat étonnant de précision.
La deuxième symphonie de Sibelius, œuvre assez peu jouée, peut-être à cause de sa difficulté d’exécution, a bénéficié du même traitement, avec, dans le dernier mouvement des accents mahlériens qui ont transporté le public.
Aussi connus et appréciés que soient les Lieder de Franz Schubert, les versions orchestrales de certains d’entre eux permettent de leur donner une nouvelle dimension. Markus Werba l’a illustré en donnant une interprétation forte et sensible de plusieurs d’entre eux. Il a commencé par des œuvres orchestrées par Brahms : An Schwager Kronos, Geheime, Greisengesang, Gruppe aus dem Tartarus et Ellens Gesang II,, Standdchen , partition de Mottl et der Weigweiser, travaillé par Weber et finissant par le très lyrique Erlkönig, (le Roi des Aulnes) qu’arrangea fort élégamment Kurt Gillmann.
En rappel, le baryton carinthien nous a offert la célèbre sérénade de Schubert (Ständschen), la dernière œuvre du compositeur, mort à 31 ans, un opus célébrissime et mille fois arrangé. Digne héritier du chant viennois, Markus Werba aura été pour beaucoup de Marseillais une délicieuse découverte. Son phrasé et ses nuances sont impeccables, mais il est également capable de moments lyriques qu’il a d’ailleurs souvent illustrés en d’autres lieux.
Nous retrouverons l’orchestre le dimanche 12 mai dans un programme Stravinsky, Richard Strauss et Prokofiev, sous la baguette de Michele Gamba, un autre jeune chef italien invité.
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