Dans une vie antérieure, le pourtant jeune Michele Spotti (31 ans) fut un violoniste émérite, diplômé du Conservatoire de Milan. Cela se sent dans la saison symphonique qu’il a construite et qui vient d’être présentée à la presse. Eu égard au fait que le piano se porte fort bien en ce moment dans la vie musicale marseillaise dont nous rendons régulièrement compte, on ne peut que s’en réjouir.
En tout début de saison, en une sorte ed prologue, l’opéra accueillera deux concerts du festival « Musiques interdites ». Dimanche 13 octobre à 18 heures trois pianistes, Olivier Lechardeur, Vladik Polionov et Nicolas Stavy donneront avec l’orchestre dirigé par Lawrence Forster trois œuvres pour la main gauche de Prokofiev, Bortkiewicz et Korngold. Le dimanche 6 octobre, au foyer Ernest Reyer, le ténor Valentin Thill, le pianiste Vladik Polionov, les violonistes Dali Feng et Mathieu Lalil, l’altiste Brice Duval et le celliste Xavier Chatillon joueront le quintette avec piano en mi majeur de Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) et Fata Morgana ou le mirage, oeuvre pour ténor et quintette avec piano de Pavel Haas, né en 1899 et mort en 1944 à Auschwitz.
La saison proprement dite commencera à l’auditorium du Pharo le dimanche 20 octobre, à 16 heures avec la première symphonie de Chostakovitch, l’ouverture de l’Enlèvement au sérail de Mozart et le concerto pour violon de Mendelssohn en mi mineur, la soliste Francesca Dego assurant la partie soliste.
Suivra le mardi 3 décembre, 20 heures, à l’opéra un concert: « L’opéra fête son siècle », sous la direction de Michele Spotti, assorti d’un plateau vocal d’exception : Csilla Boross, Patrizia Ciofi, Enea Scala, Juan Jésus Rodríguez, Marc Barrard et Nicolas Courjal. On entendra à la fois des ouvertures et des grands airs d’opéra pour une soirée qui se veut avant tout festive.
Le dimanche 8 décembre à 16 heures au Pharo, on nous annonce un autre concert à ne pas manquer. Spotti dirigera Verklärte Nacht (la nuit transfigurée) de Schönberg et la quatrième symphonie de Mahler. La première œuvre, déchirante, nous fournit la preuve que le compositeur aurait pu nous donner une musique magistrale, s’il ne s’était enfermé ensuite dans un langage dogmatique qu’il a fortement contribué à former et qui s’avéra constituer cette impasse dite dodécaphonique. C’est la soprano Regula Mühlemann qui assurera la partie vocale de la symphonie de Mahler.
Le 31 décembre à 14 heures et 20 heures, l’orchestre marquera le siècle de la reprise des activités après l’incendie de 1919, avec deux concerts gratuits à l’opéra. On entendra des extraits d’opérettes, des airs d’opéra, des chansons napolitaines, des musique de film, sous la direction de Didier Benetti, avec Laurence Janot, Florian Laconi, Sébastien Lemoine et le récitant Jean-Claude Calon.
Tradition oblige, le concert du nouvel an proposera un programme le dimanche 25 février à 16 heures, sans la marche de Radesky (il faudra la réclamer en rappel en tapant fortement des mains), mais avec la deuxième suite du Tricorne de Manuel de Falla, Quatre chansons françaises de Benjamin Britten, Cuarto Madrigales amatriorio de Joaquín Rodrigo, les Filles de Cadix de Léo Delibes et la version de 1947 du Petrouchka d’Igor Stravinsky.
Le dimanche 16 mars à 10h au Pharo, retour non pas du violon, mais de l’alto. Sarah Ferrández jouera le concerto de William Walton, écrit en 1992 et qui sera pour beaucoup une découverte. Daniel Smith dirigera également l’ouverture Leonore III de Beethoven et la symphonie n° 9 de Dvořák, dite du « Nouveau monde ».
On reviendra au violon avec Simon Zhu qui interprètera le jeudi 17 avril à l’opéra le concerto en la mineur de Dvořák, sous la direction de Glass Marcano, lequel dirigera également la symphonie n° 6 en si mineur de Tchaïkovski, dite « pathétique ».
Michelle Spotti reprendra la baguette le mercredi 7 mai à 20 heures, cette fois-ci à l’Odéon pour diriger la Symphonie n° 88 de Joseph Haydn, cette très belle œuvre dont les premières notes signent l’appartenance maçonnique du compositeur, la Siegfried Ydill de Richard Wagner et la suite pour orchestre Le bourgeois gentilhomme de Richard Strauss.
Le dimanche 15 juin, à 16 heures, à l’opéra, c’est Asher Fish qui dirigera le dernier concert de la saison. L’orchestre jouera la symphonie concertante de Haydn, assez rarement donnée et la quatrième symphonie, dite « romantique » de Bruckner.
On ne peut que constater la variété de cette production symphonique que l’orchestre de l’Opéra de Marseille va travailler avec son nouveau chef. La musique d’Europe centrale est à l’honneur pour ce centenaire et la programmation témoigne d’une belle vitalité. En notant que le prix des places, qui n’a pas augmenté, sera, pour ces concerts, de 10 à 25 euros, on ajoutera un élément positif à cette belle offre culturelle.
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