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Après celle de Marco da Gagliano (1582-1643) écrite en 1608, c’était au tour, cette année, le jeudi 21 mars au soir, au théâtre de la Criée, de celle d’Antonio Caldara (1670-1736). Créé en 1719, cet opéra raconte la même histoire ou presque, sur un scénario lent et des textes souvent répétitifs. Une jeune nymphe d’une grande beauté refuse systématiquement l’amour de deux demi-dieux et finit par se transformer en ce qu’elle est de par son nom : un laurier (daphnê). Son père redeviendra in fine un fleuve et ses amoureux se transformeront pour l’un en une plante pour l’autre en un dieu retournant au ciel.
Certes, cette partition n’est pas la plus flamboyante de son époque et, quoique plus tardive, moins enthousiasmante que celle de Gagliano entendue l’an passé. Mais, outre l’intérêt d’une découverte et d’un remarquable travail musicologique, la direction de Jean-Marc Aymes menant sa petite bande d’un clavecin à deux claviers aura été d’une précision d’horloge. Les quatorze musiciens du Concerto soave témoignent sans exception d’une qualité hors norme qui se confirme de concert en concert. Les attaques sont parfaites, les sonorités très travaillées.
Il est de plus réjouissant d’entendre de jeunes voix donner le meilleur d’elles mêmes. Samuel Namotte (Peneo, le père de Daphné), est une basse d’exception qui maîtrise les modulations de manière étonnante. La soprano Julie Vercauteren, dans le rôle de Daphné, semble promise à une belle carrière, tant elle habite vocalement et physiquement son personnage. Quant aux deux soupirants, ils rivalisent d’aigus flamboyants : Pierre Derhet, ténor, et Nicolas Kuntzelmann, contre-ténor, illustrent en beauté ces deux registres.
Le public de la Criée ne s’y est pas trompé qui a acclamé les artistes, qui ont bissé le chœur final. Mars en baroque, le Concerto Soave et Jean-Marc Aymes qui voguent à Marseille de salle en salle, creusent, saison après saison, (nous en sommes à la XXIème édition) un sillon culturel d’exception. Recherche musicologique, élargissement du répertoire, travail de précision. Il reste cinq concerts : 25 mars, Femmes dans la Cité, à 17 heures à l’Alcazar, gratuit; Il baroco napoletano, 27 mars La stagione armonica, aux Archives départementales, à 19 heures gratuit ; 28 mars, From Schütz to Buxtehude, Bernard Foccroulle et l’ensemble in Alto, au Temple Grignan, à 20 heures ; 29 mars Il canto nobile par le Concerto soave, à l’église Saint Théodore, à 20 heures ; 31 mars, Le voyage à Rome, du solo au quadruple chœur, pages et chantres du Conservatoire et Concerto soave, abbaye Saint Victor, à 20h 30.
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