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Le concert, prévu à l’origine en hiver et annulé pour cause de Covid a enfin pu avoir lieu ce dimanche à 17 heures, au Temple Grignan. La responsable de l’association Lyric opera, Marthe Sebag, a invité les soprani Maryline Dumont et Stéphanie Portelli, accompagnées du pianiste Jonathan Soucasse, pour un joyeux mélange des genres. Le concert aura tenu la promesse d’un haut niveau artistique.
Commençons par ce magnifique pianiste, Jonathan Soucasse, qui a remplacé Fréderic Isoletta, lequel a malheureusement été victime d’une avalanche. Nous lui souhaitons un rapide rétablissement.
Jonathan Soucasse, sait tout faire. Il a commencé par une composition de son cru, « For absent friends », où l’artiste passe de l’ostinato répétitif à la Phil Glass à la variation tonale, puis atonale, pour revenir au calme. Tout au long du spectacle, Soucasse a assuré sans faille accompagnements et liaisons, nous donnant entre autres une remarquable interprétation du célébrissime « Besame mucho » de Fernandez. Jazz et classique ont alterné, sous ses mains agiles, avec un égal bonheur. Sa carrière témoigne d’ailleurs de son adaptabilité entre divers styles
Quant au duo de copines soprani, Maryline Dumont et Stéphanie Portelli, il a frisé plus d’une fois les sommets de l’art lyrique, opéras et opérettes confondus, dans Offenbach, Puccini, Haendel, Delibes, Bellini et Oscar Strauss. La version de « Casta diva » en stéréo, avec quelques duos à la tierce fut en particulier du meilleur effet. Nous réentendrons avec grand plaisir ces deux grandes artistes, non dénuées d’humour, ce qui ne gâte rien.
Le programme entendait mélanger les genres. Pour le pop (Procol Harum) et même pour le rap (Eminem), tout est allé fort bien. L’interprétation de « L’inaccessible étoile » de la comédie musicale « l’Homme de la Mancha » de Jacques Brel était émouvante. Mais dans les morceaux de Jazz, les voix retenues peinaient à trouver la juste couleur.
Pour autant, nous ne saurions nous arrêter à ce détail. Avec une telle variété dans le programme, tout ne peut être sans accroc. La « Habanera » de Carmen par Stéphanie Portelli ou le duo de la Barcarolle des « Contes d’Hoffmann » nous ont fait souhaiter retrouver ces deux soprani sur une scène d’opéra, où leur complicité vocale et dramatique ferait merveille. En attendant, nous aurons prochainement l’occasion de les interviewer sur ce blog, ainsi que pianiste Jonathan Ducasse.
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