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C’est d’une nouvelle branche d’activité, humanitaire, que s’est doté le Collectif des artistes lyriques et musiciens pour la solidarité, créé en janvier 2019 après le drame de la rue d’Aubagne à Marseille. Le nombre d’artistes affiliés à cette véritable fraternité ne cesse de grandir. En ouverture du concert de ce dimanche après-midi, Mikaël Piccone a annoncé le chiffre de 260 artistes. La recette (plus de 8.000 euros) a été entièrement versée à l’association « Un enfant par la main », qui œuvre à soulager la détresse des enfants de Haïti et Madagascar. La Mairie de Marseille a pesé de tout son poids pour soutenir cette initiative et c’est une bonne chose que cette synergie qui transcende les frilosités hivernales. La première adjointe, Michèle Rubirola et l’adjoint à la Culture, Jean-Marc Coppola étaient présents au concert ainsi que la représentante de l’association « Un enfant par la main ».
Ils n’étaient pas moins de quatorze chanteuses et chanteurs, tous bénévoles, à nous offrir des duos, trios, quatuors et sextuors extraits d’opéras de Mozart, Ambroise Thomas, Rossini, Bizet et Verdi, un choix très pertinent. Au dernier moment, Perrine Madoeuf a dû remplacer Béatrice Uria-Monzon, testée positive au sinistre Covid, mais qui sera rétablie pour chanter dans la Walkyrie qui se prépare. L’ambiance était légère, aussi bien chez les interprètes que dans le public nombreux.
Un petit orchestre très talentueux, le Mahlerian Camerata, les accompagnait. Un violon, un alto, un violoncelle, une contrebasse, une flûte, deux clarinettes, un cor et un piano : l’ensemble était dirigé par Benjamin Garzia, le créateur de ce petit ensemble aux grandes ambitions. Participait également au concert la maîtrise des Bouches du Rhône, une petite trentaine de très jeunes chanteurs, habillés comme des séminaristes, dirigée par Samuel Coquard.
Le concert a commencé par une interprétation de « Prendre un enfant par la main » d’Yves Dutheil, avec une transposition avec piano de Marc Henric, par la maîtrise des Bouches du Rhône, avec une jeune soliste prometteuse Clélia Cerutti. Puis Luca Lombardo, Mikhael Piccone, Amélie Robins, Lucie Roche et Marie Gautrot nous ont interprété « Nous avons en tête une affaire », extrait de Carmen qui nous a mis d’entrée dans une ambiance lyrique. Rossini a suivi avec « Che muso, che figura », de l’Italienne à Alger, avec Lucie Roche et Nicolas Courjal où le champagne a commencé à couler. La qualité du programme proposée était déjà bien installée. Elle s’est confirmée avec le « Duo de fleurs » de Lakmé, avec Julie Robard-Gendre et Amélie Robins délicieusement complices. Deux Mozart et un Verdi sont ensuite venus à nos oreilles attentives : « Sull’ari » des Noces de Figaro avec Perrine Madoeuf et Jennifer Michel, « Soave sia il vento » de Cosi fan tutte, avec Auguste Truel, très jeune et prometteur baryton, Perrine Madoeuf et Lucie Roche et « Bella figlia dell’amore » de Rigoletto, célébrissime quatuor chanté par Marc Larcher, Guillaume Dussau, Julien Robard-Gendre et Jennifer Michel. Le public était aux anges.
Pour attaquer la deuxième partie, l’orchestre nous a offert une version en réduction du Prélude à l’après midi d’un faune de Debussy, qui aura fort bien sonné, avec une flutiste fort justement applaudie. Puis la maîtrise a repris le devant de la scène avec la chanson « Ma liberté » de Georges Moustaki, également arrangée par Marc Henric. Le trop oublié Mignon, d’Ambroise Thomas nous est revenu avec « As-tu souffert, as-tu pleuré ?», interprété par Nicolas Courjal et Sophie Koch. Ni soupirs, ni pleurs, mais un instant de plaisir auditif.
L’un des grands moments de cette soirée, très bien menée par Mikhael Piccone et Amélie Robins, parmi bien d’autres pépites, aura été le duo extrait des Pêcheurs de perles de Bizet, « Au fond tu temple saint », avec le ténor Luca Lombardo et le Baryton Philippe Brocard qui ont été acclamés. Ce qui suivait a aussi produit une ovation, le célèbre air « Mon cœur s’ouvre à ta voix » du Samson et Dalila de Saint Saëns que nous ont chanté Marie Gautrot et Luca Lombardo, air pour lequel plus d’un spectateur s’est retenu de pousser la note.
Deux petits instant d’opérette « le duo du grill », extrait de Pomme d’api et « le duo des mouches » d’Orphée aux enfers d’Offenbach ont été traités avec autant d’humour que de talent, pour le premier, par Marc Larcher, Philippe Brocard et Amélie Robins et pour le second par un Mickhael Piccone qui a prouvé de belles qualités de baryton comédien, avec une Perrine Madoeuf truculente. Un dessert présenté avant l’heure.
Le concert s’est achevé avec Rossini et Offenbach. Le final de l’Italienne à Alger a permis de retrouver Guillaume Dussau, Philippe Brocard, Auguste Truel, Amélie Robins et ses trilles diaboliques, Julie Robard-Gendre et Marc Larcher, dans un ensemble très choral. Quant à la Barcarolle des Contes d’Hoffmann, elle nous a offert un dialogue entre Sophie Koch, Perrine Madoeuf et la maîtrise des bouches du Rhône plein d’émotion.
En résumé, cette initiative du CALMS fut un plein succès et nous ne saurions trop remercier ces artistes qui sont venus y donner le meilleur d’eux-mêmes. Un autre concert sera organisé par le Comité le 10 juin prochain à 20 heures à l’Opéra, sous le titre « les voix solidaires », au profit de trois associations : « le Refuge », « On se gèle dehors » et « les Petits frères des pauvres ». En attendant, les chanteurs humanistes se promèneront, comme ils l’ont déjà fait, dans les quartiers défavorisés de Marseille pour les déjà célèbres Opéra Déconfinés.
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