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Hector Berlioz (1824-1867), comme nul lyricomane ne l’ignore, a écrit trois opéras stricto sensu : Benvenuto Cellini (1838), Les Troyens (1858) et en Beatrice et Benedict, (1862). Une place dans la saison marseillaise de 2013 pour les Troyens, quarante années plus tôt, en 1973 on repêche Benvenuto Cellini, mais il n’existe aucune trace sur nos tablettes de Beatrice et Benedict. La moisson est plus que maigrelette. L’opéra de Marseille ne semble guère priser les ouvrages lyriques de celui qui dirigea quelques concerts symphoniques au Grand théâtre en 1845, ce dont témoigne le passage consacré à la cité phocéenne dans le site « Berlioz et la France » :
http://www.hberlioz.com/France/Marseillef.htm.
Depuis la création du Festival Berlioz à la Côte Saint André dans l’Isère, terre natale du musicien, en 1979, par le chef Serge Baudo qui se trouvait alors à la tête de l’orchestre national de Lyon, la donne a pourtant changé. Ce festival arrêté en 1989 a été relancé en 1994. Du coup, le quasi monopole de l’interprétation des opéras du grand Hector a été enlevé aux seuls britanniques. Avec des chefs comme Colin Davis, puis John Eliott Gardiner, nos voisins ex-européens avaient en effet multiplié les enregistrements de référence. Plusieurs opéras français ont suivi ce renouveau, en montant régulièrement ces œuvres dont certains passages touchent au sublime (surtout dans Beatrice et Benedict). Certes, il existe parfois des longueurs dans les deux autres partitions, mais l’argument ne saurait suffire, eu égard au fait que des œuvres d’autres compositeurs en comptent également de belles.
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Nous n’avons nulle idée du programme des prochaines saisons de l’opéra de Marseille et n’avons pas envoyé d’espions pour en connaître le détail. Aussi, au cas où l’un de ces opéras ou oratorios berlioziens viendraient prochainement à l’affiche, nous accepterions bien volontiers de faire amende honorable.
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La musique symphonique de Berlioz est certes moins négligée, en particulier la célèbre symphonie fantastique, beaucoup plus cependant qu’Harold en Italie, œuvre propre à mettre en valeur un alto solo. Mais ce chef d’œuvre que constitue l’oratorio (trilogie sacrée pour solistes, chœur, orchestre et orgue) : L’enfance du Christ (1854), est complètement oublié, sans parler de La Damnation de Faust (1846), œuvre pour solistes, chœur et orchestre, donnée à Marseille en 2007 en version de concert et Roméo et Juliette (1839) où les chœurs tiennent une belle place. Quant aux si poignantes Nuits d’été (1841), rien depuis 1998. Faudra-t-il, puisque le bicentenaire de la naissance de Berlioz est trop proche, attendre celui de son passage à Marseille en 2045 ?
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