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C’est un double album vinyle, Philips (Mono 6621 028), déniché dans un bac de libraire de Marseille, dans le quartier du Panier, une reprise d’enregistrements 78 tours, dont l’audition sera propre à ravir à la fois les amateurs d’opérettes d’avant-guerre, les cinéphiles, et les historiens des années trente.
De un à trois airs ont été choisis pour 16 opérettes et il a en été de même pour 14 films, dont il serait fastidieux de donner ici le détail. Si les voix de Jean Gabin Danielle Darrieux ou Saint-Granier sont encore familières à certains, la plupart des films et des opérettes choisis n’ont pas laissé grand souvenir. Mais cela ne présente aucun caractère de gravité, puisque cela nous offre une ambiance d’époque et une idée de ce qui était vu et écouté, avant que l’histoire n’effectue un tri sélectif.
Un bel article serait à écrire, voire un petit livre, pour croiser ce programme recomposé par des synthétiseurs inconnus avec ce que l’Odéon de Marseille présentait à la même époque. En effet la construction de cet établissement ayant commencé en 1923 à partir d’anciennes écuries qui servaient aux transports publics à l’ancienne, la comparaison serait possible. La salle de 1500 places de la Canebière présentait à la fois des pièces de théâtre et des films et même lorsque le cinéma se mit à dominer la programmation du lieu, des artistes se produisirent à l’entracte.
Mais, finalement, tout bien réfléchi, qui cela intéressera-t-il ? L’histoire de l’opéra à la rigueur... Nous pouvons témoigner pour avoir travaillé sur d’autres sujets que plus un support est populaire, plus il est négligé. Le mépris se ressent dans la présentation du sommaire du disque, le nom du réalisateur du film n’étant par exemple pas indiqué, ni l’auteur dont l’oeuvre est à l’origine du scénario. Certains sont pourtant restés célèbres.
Qui voudrait donc travailler un tel sujet devrait d’abord œuvrer à reconstituer les sources à partir d’un tel objet sociologique apparemment brut, mais néanmoins déjà reconstitué. Il existe à Marseille des sociétés de culture populaire. Elles se mettront peut-être un jour à œuvrer sur ce thème.
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