Numa Sadoul
Metteur en scène de la Flûte enchantée à l’opéra de Marseille
Entrevue avec Jean Pierre Bacot

Numa Sadoul
Vous avez déjà monté Zauberflöte dans le passé, en avez-vous toujours la même idée ?
Non, j’ai bien évolué depuis ma première Flûte à Nantes en 1995. Elle était davantage ludique, moins marquée symboliquement. La Flûte actuelle, que j’ai déjà montée à l’opéra de Nice en 2016 avec le scénographe Pascal Lecocq, est à la fois plus pointue au niveau symbolique et plus farfelue dans le conte fantastique.
On vous connaît un goût prononcé pour la bande dessinée. Cela a-t-il des conséquences dans vos mises en scène, y compris dans cette production ?
Absolument. Je suis arrivé à opérer une fusion entre les grandes idées véhiculées par le chef-d’œuvre de Mozart et ma passion ancienne pour la bande dessinée. C’est une surprise que je ne dévoilerai pas ici.

Décors Flûte Enchantée Opéra de Nice 2016
Cette Flûte enchantée est considérée par les spécialistes comme un opéra maçonnique. En êtes vous d’accord et si oui, dans quelle mesure cela influence-t-il votre travail ?
Évidemment, cet ouvrage est un manifeste maçonnique d’une pureté de pierre taillée, mêlé à une fantaisie débridée de conte pour enfant. C’est l’équilibre entre les deux tendances qu’il convient de préserver.
L’opéra de Marseille dont nous défendons régulièrement les productions n’est peut-être pas reconnu à sa juste valeur, qu’en pensez vous ?
Il ne m’appartient pas de me prononcer là-dessus. Je n’ai pas l’impression que la reconnaissance ne soit pas à la hauteur.
Quels sont aujourd’hui vos projets pour les mois à venir en termes de mise en scène et de littérature ?
Côté mise en scène : je tourne jusqu’à la fin de l’année avec ma troupe de théâtre, « Les Enfants Terribles » ; nous serons dans quinze jours à Lyon pour y jouer notre version frapadingue du Legs de Marivaux. Pour ce qui est de la littérature : il y aura la sortie le 19 de ce mois-ci d’une version nouvelle de mes entretiens avec Albert Uderzo, le dessinateur d’Astérix.
Le processus de création est certes inépuisable, mais quelles sont les recettes qui permettent d’avoir encore quelque chose d’original à montrer pour une œuvre aussi classique et aussi souvent montée que la Flute enchantée ?
Je ne sais pas. L’instinct. Le désir. La « Force » insufflée par les Grands Initiés dans Star Wars…
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